Le coaching à distance est-il moins noble que le présentiel ?

                                                                                      

A la création de mon cabinet en 2012, j’ai commencé par proposer deux formats de prestations : le présentiel et l’accompagnement par téléphone. J’ai rapidement pris de l’aisance dans l’offre à distance, et comme je constatais chaque jour son efficacité et ses bénéfices, aussi bien pour moi que pour les clients, c’est devenu mon mode de fonctionnement privilégié.

Parmi les avantages de l’accompagnement par téléphone, on cite souvent l’absence de déplacement et la souplesse d’organisation. C’est juste, mais l’intérêt va bien au-delà. Selon moi, une prestation à distance offre un espace de travail sécurisé, une « bulle » où le temps est suspendu pour un échange authentique vers un objectif professionnel précis.

Pourtant, à mes débuts, quand j’échangeais avec des formateurs ou coachs exerçant exclusivement en « face à face » j'avais le sentiment qu'ils considéraient cette pratique comme moins « noble » et moins qualitative que l’accompagnement en présentiel.

Leur critique principale ? L’impossibilité pour le coach (ou le formateur) d’accéder à tout le non-verbal exprimé par le client. Un non-verbal « visible » et donc décryptable en face à face. Par nature, l’échange téléphonique supprime effectivement toute interaction visuelle. Pourtant, on le sait bien, si l’un de nos sens n’est pas utilisé, les autres s’en trouvent décuplés. A distance, j’accorde une importance encore plus grande à l’intonation du client, à sa respiration et même au choix de ses mots. Des éléments d’un grand support pour avancer et adapter au mieux mon accompagnement.

Bien sûr, il serait tentant de recourir aux nombreux outils de visio pour garder la « vue », mais je persiste à préférer le téléphone et uniquement le téléphone! D’ailleurs, à l’issue des prestations, les personnes ainsi accompagnées me confient régulièrement leur impression d’avoir pu s’exprimer plus librement, sans la peur d’être jugées, et d’avoir pu s’immerger complètement dans la séance grâce à une concentration exclusive sur ce que l’on se dit.

L’accompagnement à distance demande en réalité des compétences particulières : il y a, d’abord, la manière d’écouter, de créer le lien et de gérer le temps lors des séances. Si ces aptitudes sont primordiales, quel que soit le type d’accompagnement, en présentiel ou à distance, toute la différence, selon moi, réside dans la façon de les mettre en œuvre. Prenons l’exemple de la gestion du temps : au téléphone, l’échange se focalise plus rapidement sur le cœur du sujet, pour aller plus facilement droit au but. Les séances sont d’ailleurs plus courtes, à raison d’une heure en général, contre 1h30 à 2h pour un face à face.

En 2020 l'apparition du terrible virus Covid-19 a bouleversé nos vies et nos modes de fonctionnement. Il a notamment forcé le basculement d’une grande partie des accompagnements sur du distanciel. Cette formule a désormais le mérite de s’imposer comme une alternative possible à portée de tous, et je ne doute pas que cette nouvelle donne puisse convaincre certains formateurs ou coachs de son intérêt.

D’après moi, la qualité d’un accompagnement tient plus au professionnalisme du formateur et/ou coach, à la qualité de la relation accompagnant/accompagné et à la volonté du client de suivre et de s’impliquer dans le parcours, qu’au mode de communication choisi, en face à face ou à distance. Certains seront plus à l’aise dans un format que dans l’autre, certains utiliseront les deux de manière complémentaire.

Alors, plutôt que d’opposer les deux pratiques, pourquoi ne pas s’ouvrir à d’autres manières de travailler, expérimenter ou mixer les approches?